Han Hsiang-tzu et Han Yu
■ Le bouddha vivant Lian-sheng, Sheng-yen Lu
■ Divinité numéro un au monde en prédictions prodigieuses
« Des prédictions vraiment précises »
■ Traduit du chinois par Sandrine Fang
■ Copyright © Sheng-yen Lu ©2022, Éditions Darong
J’adore l’histoire de Han Hsiang-tzu[1].
Han Yu[2] était le premier des huit grands maîtres de la prose ancienne des dynasties Tang et Song[3]. Ses connaissances étaient remarquables. Il était un grand poète, un haut fonctionnaire, et il touchait une rémunération généreuse.
Han Hsiang-tzu était le neveu de Han Yu. Il était très talentueux.
Han Yu voulait que Han Hsiang-tzu s’efforce d’étudier en vue de devenir un pilier du pays.
Cependant, après la rencontre avec Lü Dong-bin[4], Han Hsiang-tzu commença à pratiquer le taoïsme. Son aspiration changea. La première aspiration était une carrière officielle, l’autre était la voie des immortels.
Ces deux personnes se disputèrent.
Han Yu demanda à Han Hsiang-tzu :
— Êtes-vous capable de la transformation ?
Han Hsiang-tzu avait obtenu, par sa pratique, un petit pouvoir surnaturel, ainsi il transforma immédiatement le vin dans un verre, dans lequel s’ouvrit une fleur verte grande comme une pivoine.
Quelques phrases poétiques apparurent même sur les pétales de la fleur :
Les nuages traversent la chaîne des monts Ch’in-ling, où est la maison ?
La neige embrasse le lieu Lan Kuan, les chevaux n’avancent pas.
Han Hsiang-tzu dit :
— Un jour, vous comprendrez ce propos.
Après plusieurs années, Han Yu présenta un mémorial à l’empereur[5] pour lui déconseiller d’accueillir une relique du Bouddha. Il fut alors relégué à Ch’ao-chou.
Quand il partit pour prendre son poste officiel, il monta sur son cheval et se rendit à un endroit, là où la neige tombait abondamment, le cheval ne pouvait pas avancer.
Han Hsiang-tzu apparut et dit à Han Yu :
— Cette chaîne de montagnes est celle des monts Ch’in-ling. Et cet endroit est exactement Lan Kuan.
Le propos de Han Hsiang-tzu était devenu réalité !
Han Hsiang-tzu expliqua en quoi c’était bien de pratiquer le taoïsme.
Han Yu argumenta sur ce qui était bien dans la carrière officielle.
Avant de dire au revoir à Han Hsiang-tzu, Han Yu lui demanda :
— Est-ce qu’on pourra se revoir ?
Han Hsiang-tzu répondit :
— J’ai bien peur que non !
Personnellement, après la lecture de cette histoire, je ressens beaucoup d’émotion dans mon cœur.
Han Hsiang-tzu souhaitait porter secours à Han Yu.
Han Yu n’était passionné que par la carrière de fonctionnaire.
Han Yu souhaitait que Han Hsiang-tzu fît une carrière de fonctionnaire.
L’orientation de l’effort de Han Hisang-tzu était la voie féerique du taoïsme.
Ah ! Les immortels et les mortels sont différents !
Comment se rencontreraient-ils à l’avenir ?
Moi, le révérend maître Lu, j’ai bien rencontré la Mère d’Or de l’Étang de Jade, je crois profondément en la Mère d’Or de l’Étang de Jade.
Padmakumara est à « l’Os de bouddha » (l’origine du bouddha).
Il a appris le bouddhisme exotérique, puis le bouddhisme ésotérique.
Ah ! lorsque je regarde tous les êtres vivants de haut en bas de l’univers, mon cœur est plongé dans l’affliction !
Bien des gens sont venus me rencontrer.
Bien des gens ont connu le révérend maître Lu.
Beaucoup d’entre eux ont été exaucés. Les effets de « C’est vraiment très précis » apparurent l’un après l’autre.
Cependant, combien de personnes ont-elles vraiment pratiqué le bouddhisme ?
Combien de personnes gardent-elles résolument un cœur qui cherche la voie de l’Éveil ?
Combien de personnes ont-elles réussi leur pratique ?
Effectivement, bien des gens ont obtenu une corroboration yogique, mais ils m’ont croisé tout simplement, ensuite, ils ont tout oublié.
Que c’est pitoyable ! Que c’est misérable !
J’aime bien ce poème chanté :
Étant éveillé, il ne faut pas chercher l’extinction totale[6],
Suivre les facteurs conditionnés sert uniquement à accueillir les gens égarés.
L’ordinaire, les points de vue dépravés, les raisonnements fallacieux,
Ce sont des méthodes de commodité à indiquer la réalité.
Les cinq yeux, les Trois Corps, les quatre sagesses,
Pratiquer en même temps les Six Pâramitâ[7] et les dix mille actions bienveillantes[8],
La lumière ronde est un merveilleux joyau.
Cela peut procurer à la fois l’intérêt personnel et celui des autres.
[1] 794-?
[2] 768-824.
[3] Han Yu, Liu Zong-yuan (773-819), Ouyang Xiu (1007-1072), Su Xun (1009-1066), Su Shi (1037-1101), Su Ché (1039-1112), Wang An-shi (1021-1086), Zeng Gong (1019-1083).
[4] Un alchimiste taoïste (798- ?)
[5] Tang Hsien-tsung (778-820)
[6] Le nirvâna.
[7] Le don d’aumône, l’observance des préceptes, l’endurance de l’humiliation, la pratique assidue, la méditation, l’obtention de la sagesse.
[8] En plus des six Pâramitâ, on ajoute l’utilisation de la voie appropriée, la réalisation du vœu formé, l’effort et la parfaite connaissance des choses.



